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Le Covid, ou le moment où l’élan bute contre le réel

Avec le Covid, tout ce qui faisait la force du modèle TipyTV devient soudain sa plus grande fragilité : la présence, les commerces, la circulation et la publicité locale.

Et puis, comme pour beaucoup de projets ancrés dans le réel, tout s’arrête presque net. Le Covid ne vient pas simplement ralentir la machine. Il touche TipyTV là où ça fait le plus mal : au cœur même de son fonctionnement.

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Les commerces ferment, les rues se vident, les lieux de passage deviennent silencieux. Les écrans sont toujours là, mais plus personne pour les regarder. Dans le même temps, le marché publicitaire s’effondre. Par prudence, par incertitude, mais aussi par nécessité, les annonceurs coupent ou reportent leurs investissements. Dans un modèle où la gratuité pour les commerçants repose justement sur cette dynamique publicitaire, l’équilibre devient impossible à tenir.

Au-delà de l’aspect économique, le Covid agit comme un révélateur. Il met en lumière la fragilité des modèles hybrides, dépendants à la fois de la présence physique des publics, de la vitalité économique locale et d’une force commerciale constante. Trois piliers qui, en quelques semaines, vacillent en même temps.

Et puis il y a l’humain. Cette période de pause forcée, de recul, de remise en question, touche aussi les fondateurs et les équipes. Les priorités évoluent, les envies changent. Pierre Martin, notamment, prend un virage radical en se tournant vers le bien-être et en quittant le développement commercial. Un choix personnel, mais qui vient aussi déséquilibrer un projet construit sur une complémentarité forte.

À partir de là, TipyTV continue, mais différemment. Moins d’énergie, moins de projection, plus de contraintes. Le projet s’adapte, réduit la voilure, jusqu’à passer le relais. La technologie et le concept trouvent une continuité ailleurs, en Bretagne, portés par ceux qui souhaitent prolonger l’aventure sous une autre forme.

Sur Pau, en revanche, une page se tourne. Les écrans disparaissent progressivement des commerces. Certains sont laissés, d’autres récupérés, d’autres encore recyclés. Ce qui avait constitué un réseau visible, presque familier dans le paysage local, s’efface peu à peu.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas une fin brutale. C’est plutôt une transition silencieuse. Parce que derrière l’arrêt du modèle, il reste quelque chose de solide : une expérience, un savoir-faire, une compréhension fine du territoire… et surtout une conviction qui, elle, n’a pas disparu. Le local mérite toujours d’être raconté. Il faut simplement trouver une autre manière de le faire.

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